?

PRIEURE DE LONGEFONT, FIEF D'ARGENTIERE, LA FERRIERE, JORDESSOUDE

france1.jpg (2206 octets)

Les religieuses de Longefont possédaient dans la paroisse d'Eguzon, des terres dans les villages d'Argentière, de La Ferrière et de Bordessoule.

Le livre terrier du Prieuré de Longefont fait mention de la métairie d'Argentière (1554).

Quelques mots d'abord sur ce prieuré : Longefont, prieuré de femmes dépendant de Fontevrault, situé sur la Creuse, à moitié chemin d'Argenton au Blanc, anciennement paroisse de Pezay, actuellement commune d'Oulches, tire son nom d'une vaste fontaine au bord de laquelle le couvent fut établi, vers 1115, par Isambert, seigneur de Cors, qui le donna à Robert d'Arbrissel, fondateur de l'ordre de Fontevrault.

Les principaux bienfaiteurs du prieuré furent Gérault ou Giraud de Cors et Renée de Brenne, Fulcher ou Foucher Duredent, Gaudin de Romefort, Guillaume de La Marche, seigneur d'Eguzon, Raoul de Prunget, etc...

Les dames de Longefont eurent beaucoup à souffrir durant les guerres de religion. Leur couvent, plusieurs fois pillé, fut incendié en 1638, et elles durent s'établir dans le château de Cors qu'elles quittèrent le 2 septembre 1644 pour s'installer dans les ruines du château d'Argenton. Elles revinrent à Longefont en 1645, lorsque Coudray voulut rétablir la forteresse d'Argenton.

z25a-Argenton-Ruines de l'ancien château.jpg (18074 octets) z25a-1923-Chateau de Cors.jpg (14599 octets)

Ruines du château d'Argenton (2)

Château de Cors (2)

 

Bien que la communauté ait vu une grande partie de ses titres dispersés ou brûlés, et, par suite, quantité de redevances contestées et perdues, elle possédait encore, en 1727, de grands biens et de nombreuses rentes sur les paroisses de Pezay, Chitray, Ciron, St Marcel, St Plantaire, Eguzon, Baraize, Cromay, Buzançais, Tendu, Langé, Vendoeuvre, Mézières-en-Brenne et à Scoury.

 Le revenu accusé par elle consistait alors en 4 151 livres 14 sols d'argent et en 3 048 boisseaux de blé.

Dans un Etat du prieuré de Longefont daté du 8 août 1727 et dressé en exécution de l'arrêt du conseil d'état du 29 avril de la même année, on trouve : "Les rentes d'Argentière et ses environs, ses paroisses de St Plantaire et Aiguzon avec une portion dans les dixmes de Baraize, affermée 50 livres par sous seins privé de 1721." (Archives nationales G-9-640. Communiqué par M.Pierre).

Le fief d'Argentière devait des rentes nobles dans la province de la Marche : "80 boisseaux de seigle et 30 d'avoine, mesure de Crozant, dont deux boisseaux ne font qu'un à la mesure d'Argenton (1702)." (Archives de l’Indre).

Arpentements des Tenues des villages d'Argentière, La Ferrière et Bordesoule - Le 17 août 1805, à la requête de messire Sylvain Galland, chevalier, seigneur des Lignières et autres lieux, maître Michel Poitrenaud, garde des eaux et forêts du Roy, faisant tant pour lui qu'en qualité de tuteur des enfants mineurs de feu François Poitrenaud ; Joseph Dérigoin, sergent en la justice d'Eguzon, etc.

J'ai François Clément, arpenteur et apréciateur roial, soussigné, certifie et raporte à tout ce qu'il appartiendra m'être exprès transporté jusqu’au village d'Argentière, de La Ferrière et Bordesoule, paroisse d'Eguzon,assisté de Claude Mitau, faisant aussi la profession d'arpenteur, lesquels dits trois villages ont été mis et joints ensemble pour en faire qu'une seule et même tenue.....

Lesquels dits villages j'ai mesuré et arpenté, et trouvé en tout 273 setrées et deux boisselées, mesure de Crozant, à raison de 100 chaînées par setrée et chacune chaînée de 22 piés de roi en carré, et ce y compris l'évaluation des bâtiments et autres meilleures terres ; lesquels dits villages et terres joignent d'une part à la croix des Lignières suivant le long du chemin par lequel du village de Puérault à Eguzon jusqu'au coin de la Bouige à Viollet et de la aux chesnes de la Bertoulade. Le dit chesne de là au milieu de la fosse à Boué, puis à un chatenier qui est au coin du grand pâtural dépendant d'Eguzon puis au Pin des Gorses et de là au coin de la forêt du Faisseau et coulant tout le long de ladite forêt jusqu'au village de La Ferrière, et de là tout de le long du ruisseau qui descend de ladite forêt jusqu'au pré du dit seigneur d’Eguzon appelé le pré de la Forge et de la tombant ledit ruisseau dans la rivière de l'Abloux et de là à la planche de la Chaume et au pré des RR. PP. Augustins de la maison Dieu de Montmorillon, et de là au pré dudit seigneur des Lignières et aux terres d'icelluy appelées les coutumes grandes et de là au coin dudit seigneur des Lignières.

Première confrontation - Au delà desquelles confrontations il y a des héritages qui étaient sujets aux tiers et quart des fruits qui ont été affranchis par les dames religieuses de Longefont moyennant 15 boisseaux de seigle de cens et rentes portant lots et rentes êtres surplus.

Il y a en tout trois tenues.

1°  Le village d'Argentière est au devoir de 80 boisseaux de seigle, 16 boisseaux d'avoine, touts lesdits grains mesure de Crozant, 3 poules et demies et 10 sols en argent.

La 2° tenue, de Bordesoule, sujet au devoir par chacun an de 7 sous onze deniers et 14 poules et demies.

La 3° tenue, de la Ferrière, sujet par an de 12 deniers et une poule.

----------------------

Touts lesquels dits devoirs ont été joints ensemble et se montant au nombre de 95 boisseaux de seigle, 16 boisseaux d'avoine, mesure de Crozant, 19 poules et 19 livres. Les poules estimées à 5 sols pièce.

Le tout de cens et rente noble directe et féodale portant lots et rentes selon la coutume du péis et comté de la Marche, et payable au jour de fête de St Michel.

Un bail à ferme de la maison d'Argentière remonte à 1448. (Archives de l'Indre).

Toutes les terres appartenant à l'abbaye de Longefont furent vendues comme biens nationaux en 1791, en même temps que celles appartenant à la cure d'Eguzon.

Le village de Bordesoule a disparu depuis ; plus de maisons ; mais encore de vieux murs et des arbres fruitiers dans des terres qui ont conservé ce même nom.

Le village de La Ferrière existe toujours; il renferme 69 habitants ; mais enclavé dans la forêt du Faisceau, il ne peut prendre beaucoup d'extension.

Quant au village d'Argentière, il a près de deux cents habitants, c'est le plus important de la commune ; de plus, par sa position, il est appelé à un accroissement considérable.

Depuis longtemps il réclame une école de hameau. Cette école réunirait près de cent élèves des deux sexes, venant des villages limitrophes dépendant de plusieurs communes (Eguzon, Parnac, Bazaiges), et cela sans nuire beaucoup aux écoles du chef-lieu.

Il est probable que les habitants d'Argentière, la question électorale étant en jeu, ne verront pas de longtemps l'accomplissement de leur désir.

Ils sont d'ailleurs (les habitants) assez prétentieux, dit-on : après l'école, il faudrait une église, puis des foires, etc.

En 1886, le Conseil Municipal a même demandé, pour Argentière un bureau de tabac qui n'a pas encore été octroyé.

On trouve à Argentière une tuilerie, des débitants, des épiciers et un peu tous les corps de métiers. Les habitants sont presque tous à leur aise.

Chaque famille a une portion du communal du Pez-Chauvet, ainsi que je l'ai dit ailleurs.

De plus, le village possédait les communaux appelés les Gouttes et les Bergères d'une superficie de 16 ha 01 a 27 ca. Ces communaux ont été partagés en 1878, en 51 lots, et vendus 94 francs en moyenne, payables en dix termes égaux. Le total forma une somme de 4 809fr78.

doigtd.gif (479 octets) Chapelle d'Argentière